La RSE est morte, vive l’impact durable

Mai 27, 2021 | La Lettre

Bonjour à toi qui me lis,

Dans ce premier article, je veux te partager pourquoi j’ai décidé d’écrire et de partager au plus grand nombre mes connaissances sur le développement durable et les clés pour mener une démarche d’impact durable en entreprise.

La RSE est morte

Suis-je tombée sur la tête pour écrire cela après 10 ans à développer cette approche en entreprise?! Pas du tout ! Je crois qu’en 2020 il est temps d’aller au delà de la Responsabilité Sociétale de l’Entreprise telle qu’elle s’est déployée depuis le début du 21e siècle. Que ces 3 lettres dont la définition fait consensus au niveau international avec la norme ISO 26000 sont devenues un frein aux transformations nécessaires pour relever les défis immenses de cette décennie.

Attention, je ne dis pas d’abandonner la démarche de Responsabilité Sociétale de votre entreprise ou de licencier la ou les personnes en charge du sujet ! Mon propos est de montrer comment parler de RSE peut limiter notre capacité à réinventer le modèle d’affaire de nos entreprises et s’adapter à la nouvelle donne de cette décennie qui s’ouvre par une crise sanitaire majeure: celle du Coronavirus. Et qui n’est que le préambule d’autres crises mettant à l’épreuve nos capacités de résilience. Pour que vous puissiez prendre 3 ans d’avance et rentrer pleinement dans “le monde d’après” dès maintenant, je vous propose de troquer les lunettes de la RSE pour une nouvelle paire.

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Prenez 3 ans d’avance : parlons d’impact durable !

Impact durable, voilà une expression pour nommer cet “au delà”, cette nouvelle frontière de la durabilité, ce nouveau sommet à gravir pour les entreprises qui prennent réellement en compte leur écosystème et leurs parties prenantes et adaptent leur modèle d’affaire en conséquence.

Le mot impact a un premier mérite : il se comprend sans explication dans de nombreuses langues. Exit les débats d’experts sur la traduction et la définition de la “CSR” des anglophones ou de la RSE pour les francophones (S comme sociale ou sociétale ? E comme entreprise ou environnement?).

Ce mot a un autre mérite bien plus important à mes yeux : il donne un sens, une direction commune. Il focalise l’attention sur un résultat que l’on désire, que l’on mesure, et qui nous mobilise pour agir.

J’y adjoins l’adjectif “durable” pour l’inscrire dans l’horizon de temps long (qui dure) et d’une finalité positive pour la société et l’environnement.

Pourquoi ne pas parler d’impact positif comme beaucoup ? Parce que cela fait oublier les impacts négatifs inhérents à toute activité humaine. Et perdre de vue la recherche permanente de la durabilité, cet équilibre optimal entre réduire ces externalités négatives et maximiser ces externalités positives.

Voilà pourquoi je regarde maintenant les entreprises que j’accompagne sous le prisme de l’impact durable. Et que je parle de moins en moins de RSE.

La RSE, un concept obsolète ?

Après plus 10 ans à expliquer et appliquer ce concept à des entreprises de toute taille et de tout secteur, je ne peux que constater les limites de la RSE et le plafond de verre auquel elle se heurte.

Aujourd’hui je ne peux plus faire taire la petite voix qui doute de l’efficacité de l’approche RSE pour canaliser le plein potentiel de l’entreprise à contribuer aux défis de notre décennie, main dans la main avec les acteurs publics et de la société civile. Cette petite voix qui m’exhorte depuis quelque temps déjà à aller au delà de la RSE :

  • De passer des discours aux actes, de l’exercice de communication à celui d’une contribution tangible et massive de l’entreprise aux enjeux de société sur lesquels elle a prise;
  • De décloisonner le sujet de la durabilité en arrêtant de le limiter aux Ressources Humaines et à la réduction de l’empreinte carbone, pour le placer au coeur de la transformation du “business model” de l’entreprise. S’il le faut, en passer par la nomination d’un-e “Chief Impact Business Officer” pour accompagner cette transformation dans le temps;
  • D’avoir la discussion avec son actionnariat de la mission de l’entreprise; de l’inscrire dans les statuts, le code source de chaque entreprise; sans oublier de se doter d’indicateurs de mesure au moins aussi importants que les indicateurs financiers.

Nous sommes de plus en plus à parler d’impact plutôt que de RSE. Et à poser la question du sens de l’entreprise, de sa raison d’être. Pour moi cette question du sens est double :

  • quelle direction suivons-nous pour agir ?
  • quelle signification voulons-nous donner à nos actions ?

Et ces deux questions en invitent d’autres pour donner un sens et du sens à l’impact des entreprises sur la société et l’environnement.

Du Sens à l’Impact

Quel est le sens de notre projet d’équipe, de notre entreprise ?

Quelle démarche entreprendre pour avoir plus d’impact ?

Comment mesurer l’impact de notre entreprise ?

Autant de questions auxquelles j’ai envie de répondre en :

  • partageant des outils et méthodes pour que chacun-e trouve ses réponses dans son équipe et son entreprise;
  • relayant les réponses de pionniers qui tracent le chemin et montre l’univers des possibles;
  • élevant le niveau de connaissances sur la durabilité en entreprise, car une fois qu’on sait, on ne peut plus que passer à l’action.

Avec cette lettre, mon but est d’écrire à celles et ceux qui :

  • ont envie de se mettre en mouvement et d’inventer l’après crise;
  • ont entendu et compris le message de cette crise inédite que nous traversons;
  • veulent agir et croient en la capacité de l’entreprise à transformer notre monde;
  • souhaitent  donner du sens à ce qu’ils font et démultiplier leur impact.

Nous sommes des milliers. Et ce mouvement va grandir à une vitesse folle comme il le fait depuis 10 ans. La crise du Coronavirus va nous aider en accélérant les prises de conscience individuelles que j’ai vu éclore ces dernières années.

L’électrochoc de mars 2020 

Tous les Européens se souviendront de ce mois de mars qui a vu l’inimaginable se produire :

  • la population invitée à rester chez elles pour plusieurs semaines avec des mesures de confinement plus ou moins drastiques selon les pays;
  • des entreprises arrêtant toute ou partie de leur activité du jour au lendemain;
  • la mise en place en urgence du télétravail pour la majorité et à durée indéterminée.

Inimaginable la généralisation massive du télétravail quand en début d’année beaucoup tentaient encore d’ouvrir la discussion sur un jour de télétravail par semaine pour mieux équilibrer leurs temps de vie et s’épargner des déplacements.

Inimaginable de confiner la population chez elle quand on regardait les rues de Paris grouillantes de monde début février, le nuage de pollution bien visible et les commerces ouverts le dimanche affichant des soldes tapageuses.

Inimaginable d’arrêter le coeur d’activité de plusieurs milliers d’entreprises quand on poussait la porte des Comités de Direction préparant la prochaine Assemblée Générale avec des prévisions de croissance optimistes.

Et pourtant… c’est une réalité aujourd’hui bien tangible et pour certain-e-s, tristement cruelle.

On a tous notre histoire, notre vécu sur l’impact du confinement sur notre vie et ce que cela a changé ou renforcé chez nous :

  • nos habitudes de consommation;
  • notre vision des priorités dans la vie;
  • notre relation aux autres, à nos proches, à nos collègues, à nos dirigeant-e-s;
  • nos questionnements sur le sens de notre travail et peut être même de l’entreprise dans lequel on travaille.

Comme toi, je me suis posée ces questions. Encore plus fort car la crise du Covid-19 s’est synchronisée avec un diagnostic de maladie chronique et une opération juste avant le confinement nécessitant deux semaines de repos sans bouger de chez moi.

Une invitation à la réflexion sur le sens des crises 

Je ne sais pas pour toi, mais pour moi ce ralentissement forcé (à la fois prévu pour ma santé et imprévu pour le Covid-19) a créé un espace pour l’introspection et une réflexion de fond sur le sens de cette crise sanitaire. Et d’autres crises (économique, climatique et politique) qui nous attendent si nous ne nous réveillons pas et n’avons pas le courage de prendre des décisions pour notre avenir à toutes et tous.

Comme beaucoup j’ai peur du retour à “l’anormal” qui était devenu notre norme. Qu’on ne saisisse pas l’invitation à changer. Comme ces personnes faisant un AVC qui s’en sortent sans trop de dommage visible et ne changent rien à leur hygiène de vie

Face aux crises que nous traversons ou qui menacent d’exploser, je suis plus que jamais convaincue que les entreprises ont un rôle décisif à jouer. Qu’il est temps qu’elles prennent la mesure de leur capacité à transformer le monde et à rendre possible l’atteinte des objectifs de l’agenda 2030 pour un développement durable. Cette feuille de route posée en 2015 par les Nations Unies dont l’ambition n’est ni plus ni moins que de “sauver le monde”.

Et pour cela il est temps de changer de paradigme dans la façon d’adresser le sujet de la durabilité au sein des organisations. De dire adieu à la RSE et bonjour à l’impact durable. C’est en tout cas ce que j’observe dans ma veille personnelle et mes accompagnements sur le terrain. Mais peut-être que je m’emporte et que je vois déjà trop loin ?

Je serai curieuse d’avoir ton avis. Pour me le partager, il te suffit de rejoindre la communauté des lecteurs et lectrices de la lettre Du Sens à l’Impact.

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Sophie Conchon